vendredi 14 novembre 2014

De Bangkok au Mékong!

Bangkok, ville de 12 millions d'habitants destinée à devenir la Venise Asiatique car elle s'enfonce chaque année de 30 millimètres sous les eaux...



Bangkok commence dès la sortie de l'avion par une chaleur suffocante, un plafond nuageux très bas, quelques gouttes de pluie et des milliers de gens débarquant dans ce « pays du sourire ».


Le passage de l'immigration pour nous, Français, est très facile et nous voici avec 30 jours de liberté conditionnée en Thaïlande. Fini l'Europe et ses privilèges de libre passage, nous allons devoir régler notre itinéraire en fonction de notre visa.
Ensuite, notre stress arrive à son maximum lorsque nous devons récupérer nos bagages, mais nous apercevons déjà au loin nos deux grands colis contenant la carcasse de notre vélo ! Et c'est au tour de nos 4 autres bagages d'arriver sans encombre. Sauvés, il n'y a plus qu'à espérer qu'il n'y ait pas de casse !

Ici tout est facile contrairement à la Géorgie, les bagages sont embarqués dans un taxi en direction de Nonthaburi où nous allons être hébergé pendant 6 jours chez Toom.
Se repérer à Bangkok est mission impossible pour nous et même pour le chauffeur qui doit appeler Toom pour qu'il lui indique le chemin après avoir fait le tour du pâté de maisons deux ou trois fois !


Notre hôte est une crème et ne sait pas dire non aux demandes d'hébergements si bien que le 1er étage où nous dormons se révèle être le QG de plusieurs voyageurs du monde entier avec un turn-over de folie. 


Nous avons donc pu rencontrer des Américains, des Belges, une Thaï, un Biélorusse, un Hongrois, un Kazakh, un Français et j'en passe ce qui nous a permis de récolter bon nombre d'informations pour la suite de notre voyage !


Nous allons souvent manger tous ensemble dans de petites gargotes dans la rue d'à côté !

Manger en Thaïlande !

Fini la gastronomie Géorgienne et tant mieux, maintenant place à des mets tous aussi bons les uns que les autres, mais parfois aussi très épicés !C'est la bouche en feu que nous finissons souvent notre repas, les larmes aux yeux après avoir perdus 2 litres de transpiration ! Toom, quant à lui, est maso et gobe les piments crus... !


Les Thaïs mangent plusieurs fois par jour de petites quantités si bien que les petits restos de rue sont ouverts à toute heure mais quand vient le moment de choisir et que vous vous retrouvez devant une carte où tout est écrit en Thaï et que personne ne parle l'Anglais, ça devient un peu compliqué ! Alors nous jetons des regards sur les assiettes des voisins et commandons souvent la même chose mais en précisant « Phet nit noï » (Peu épicé!)
Quant au petit déjeuner, quelle galère pour nous, Français, avec notre traditionnel pain nutella... Impossible de trouver du pain dans cette capitale, nous devons donc nous rabattre sur du pain de mie et une sorte de pâte verte fluo à étaler dessus !!

Bangkok, c'est aussi ses temples richement décorés que nous pouvons apercevoir à chaque coin de rue. 


Ne connaissant pas trop cette nouvelle religion qu'est le Bouddhisme Thaï, nous essayons de nous imprégner de son ambiance en allant visiter quelques temples où Bouddha apparaît sous toutes les formes : grand, gros, couché, debout, assis...




Durant ces quelques jours à Bangkok, nous devons récupérer un colis envoyé par poste restante et surtout faire notre visa Birman. Et oui, n'ayant pas pu aller en Iran, nous avons décidé de jeter notre dévolu sur un autre pays en voie d'ouverture sur le monde extérieur : La Birmanie !

Nous sommes hébergés à la périphérie de Bangkok, mais pour rejoindre le centre, de nombreux moyens de transports sont à notre disposition !

Comment circuler à Bangkok ?

Imaginez vous Paris un jour de grande affluence, ajoutez à ça une chaleur humide ponctuée d'averses orageuses régulières, multipliez le nombre de voitures et rajoutez des Tuk-tuks, des bus crachant noirs, des pick-up chromés tout juste sortis de l'usine et des trottoirs bondés proposant nourritures et autres chinoiseries...
Et dans ce trafic intense, il faut trouver le bus 114, 75 ou le 134 que tu dois arrêter avec un petit signe de la main, mais ouvrez bien les yeux car il ne s'arrête que sur demande ! Ensuite dans le bus, vous passez d'une chaleur humide à une clim surboostée qui te congèle avant même que la contrôleuse avec son porte monnaie ne vienne te voir et te demande ta destination...Pour aller vers le centre de Bangkok facile, mais le retour est nettement plus dur et comique car nous n'arrivons pas à prononcer correctement le nom de la rue !
Trois choix s'offrent à nous ensuite, le Skytrain sorte de train futuriste en l'air qui t'amène super vite au centre, le métro sous terre très facile pour se repérer ou alors le bateau et c'est celui qu'on préfère si nous n'étions pas pressé !


Une sorte de longue barge se remplissant au fur et à mesure des arrêts, nous amène en plein centre et nous permet de nous rendre compte que Bangkok a les pieds dans l'eau ! Une grande partie des canaux qui existaient auparavant ont d'ailleurs été bouchés pour les remplacer par des routes.
Nous avons également testé le Tuktuk mais, pris pour de gros touristes, nous avons été bernés une fois et avons préféré marcher par la suite !


Après 3 jours d'attente, nous obtenons le visa Birman sans difficultés. Pour plus d'informations sur la marche à suivre concernant le visa, voici un lien qui nous a beaucoup aidé : Lili aux pays des merveilles !

David mettra deux jours pour remonter comme il faut nos deux vélos sous l’œil avisé de Toom. Après avoir été complètement désossés, nos vélos sont maintenant entiers et prêt à repartir pour de nouvelles aventures !


Se pose la question de notre itinéraire en Thaïlande. Nous avons écarté le Sud trop touristique pour nous, et avons choisi de nous focaliser plutôt sur le Nord, vers Chang Maï et ses montagnes ! Puisque nous ne pouvons pas rester autant de temps qu'on le souhaiterai dans le pays, il va nous falloir un petit coup de pouce pour rejoindre ces contrées, c'est pourquoi nous choisissons le train !

Le train en Thaïlande !

Quelle aventure de prendre le train dans ce pays. Ne vous attendez pas à un train super sonique au confort luxueux, en tout cas ce n'est pas celui auquel nous avons eu le droit ! Et pour rajouter un peu de piquant, rajoutez deux vélos et 10 bagages à monter dans le train en moins de deux minutes sans savoir où se trouve notre wagon !


Nous avons donc dû nous séparer car le wagon pour les vélos se trouve tout à l'avant du convoi alors que notre wagon-siège est tout au fond ! David se charge donc de ficeler les vélos, tandis que Marie charge tous les bagages. Nous nous en sortons pas trop mal et après avoir attrapé un bon coup de chaud, nous trouvons nos sièges, que l'on pourraient qualifier de « durs » ! Et oui nous sommes en troisième classe si bien que nous sommes entourés de Thaïs ce qui n'est pas pour nous déplaire (les blancs étant tous parqués en 1ère classe!). A chaque arrêt, de nouveaux marchands montent et circulent dans les rangées étroites pour vendre toute sorte de nourriture : poissons séchés, soupes, beignets, sodas... tout ça en annonçant assez fort ce qu'ils proposent ! Nos voisins de siège nous conseillent sur les bonnes choses à goûter.
Le paysage le long des rizières défile lentement sous nos yeux jusqu'à un beau coucher de soleil ! Ensuite place à la nuit noire, et ses bêtes, attirées par les néons, se collant dans les cheveux ou sur la peau moite.


Après 8h, pour faire quelques 400 kilomètres, notre arrêt approche. Nous sommes chacun posté à un bout du train pour décharger au plus vite vélos et bagages, les Thaïs viennent nous prêter main forte, et c'est ainsi que nous débarquons sur le quai de Phitsanulok sous les acclamations de tout notre wagon !

Il est 21h, lorsque nous rejoignons la petite famille de Marc, un anglais marié avec une Thaï et leur petite fille. Malheureusement, nous n'aurons pas le temps de nous connaître beaucoup, mais Marc nous livre quelques informations très utile concernant l'itinéraire que nous avons choisi, ce qui nous plonge de nouveau dans le flou total !


Marc nous explique que la frontière Birmane que nous souhaitons emprunter au Nord de la Thaïlande n'est que partiellement ouverte. Les voyageurs peuvent s'introduire 100 kilomètres dans les terres mais doivent obligatoirement passer un contrôle policier interdisant la suite par voie terrestre. Soit vous prenez un avion pour Yangoon, la capitale, soit vous rebroussez chemin et, de ce fait, vous cramez vos 28 jours de visa !
Que faire ? Nous restons jusqu'à 1h du mat' devant la carte de l'Asie du Sud-Est dépliée à réfléchir aux différentes possibilités pour la suite de notre itinéraire car cela change tout pour nous.
Voulant profiter de notre mois de visa gratuit en Thaïlande, nous choisissons de changer de cap totalement afin de nous diriger vers le Mékong que nous voulions aussi découvrir. Ainsi nous passerons ensuite au Cambodge, et ce n'est que après que nous prévoyons d'aller en Birmanie en passant par une autre frontière ouverte !

Le lendemain, de retour sur nos vélos, nous nous rendons compte assez vite que le temps nous est compté. Nous décidons alors de rejoindre au plus vite le Mékong en faisant du « vélo-stop » pour avoir plus de temps vers là-bas.


S'en suit alors une course folle, les vélos chargés dans le coffre des pick-up et nous avec ! 


Nous n'attendons pas très longtemps avant qu'une voiture ne s'arrête à notre hauteur si bien que les kilomètres nous séparant du Mékong sont avalés en 2 jours en traversant de superbes paysages de montagne. 


Un policier rencontré sur le bord de la route, nous aidera même avec toute sa brigade en arrêtant tous les pick-up pour en trouver un qui nous emmène à Dan Saï, ville où nous dormirons le soir. Nous pédalons quand même un peu et nous nous rendons vite compte que lorsque ça monte la chaleur devient insupportable, heureusement la où nous allons c'est plat !

Arrivés à Loeï, David toujours aux prises avec sa diarrhée malgré 2 traitements antibiotiques différents, nous décidons de poser les bagages dans un petit hôtel afin d'aller consulter à l'hôpital de la ville.

Les soins en Thaïlande !

Au total, nous aurons testé 3 hôpitaux en Thaïlande pour venir à bout de cette diarrhée récalcitrante ! Deux types d'établissements hospitaliers s'offrent à nous. Les établissements publics, offrent une consultation peu chère mais malheureusement la qualité va de paire et étant infirmiers, nous avons dû les orienter sur les analyses à faire... Le 2ème Hôpital est un vrai gag, le médecin ausculte les poumons alors que l'on vient pour une diarrhée et son diagnostic sera qu'il faut arrêter de manger des champignons !!
Nous aurions du regarder les hôpitaux préconisés par l'Ambassade de France et c'est donc plus tard à Nong Khai dans un établissement privé que les soucis de David s'évanouiront à l'aide d'un autre antibiotique !

De retour sur nos vélos, et n'ayant toujours pas de traitement contre la diarrhée, nous rallions Chiang Khan par une route assez circulante mais plate où nous dégoulinons de sueur au moindre effort. Nous sommes bien content de ne pas être allé nous exploser les mollets dans le Nord !

Nous arrivons à Chiang Khan où nous apercevons pour la première fois le Mékong, fleuve légendaire délimitant la frontière avec le Laos, que nous voyons juste en face.


La suite de nos aventures au fil de l'eau est une autre histoire, alors à plus tard !




8 commentaires:

  1. C'est avec beaucoup de plaisir que je suis vos pédalages sur les différents routes ou chemins que vous pratiquez. Les contacts avec les personnes que vous décrivez nous font du bien nous qui n'avons des nouvelles du monde que par les info.
    Bonne route
    Sylvana et Daniel

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    1. C'est vrai que les nouvelles du monde ne sont pas très rose en comparaison avec ce qui nous entoure pendant notre voyage! Les gens sont accueillants plus que de raison même...
      Nous sommes en ce moment au Cambodge, contraste total avec la Thailande, beaucoup plus pauvre mais assez authentique pour ces premiers jours de pédalage!
      Merci encore de votre commentaire, ça fait chaud au coeur!
      David et Marie

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  2. Hello ! Contente d'apprendre que les problèmes de santé de David sont résolus, j'espère que vous pourrez par la suite trouver un ttt à avoir sur vous en cas de récidive. Je continue à vous lire avec plaisir, j'espère que le passage en Birmanie pourra se faire facilement. Une de mes collègues s'y est rendue l'an passé sac à dos et elle n'a pas pu voyager comme prévu car des endroits étaient fermés aux touristes contrairement à ce qu'on lui avait dit avant son départ. Mais avec vos points de chute chez l'habitant, vous êtes mieux renseignés :-) J'espère que la chaleur sera gérable pour avancer comme vous le prévoyez ! Me réjouis de voir une prochaine vidéo !!!! bisous et prenez soin de vous. Géraldine

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    1. Eyh salut Géraldine! Merci pour les infos concernant la Birmanie mais nous le savions déjà... C'est bien à cause de ça que nous avons du changer nos plans en Thaïlande car la frontière Birmane n'est ouvert que sur 100kms. Après nous serons rentrés dans un territoire où les tensions avec les peuples sont encore assez fortes.
      Nous sommes en ce moment au Cambodge juste après la saison des pluies, il fait encore très chaud ce qui est assez dur lorsqu'on pédale mais les nuits sont assez fraiches heureusement!
      Mes intestins se portent mieux, 3 hôpitaux en Thailande auront été nécessaire pour trouver le bon traitement!!
      J'aimerai bien faire une autre vidéo mais bizarrement on est tjs pris par le temps!!
      Ciao
      David et Marie

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  3. Génial cet article sur la thailande !
    On lit ça avec mon collègue Tanguy et vous nous faites bien rire !! Et bien rêver aussi !!
    Tanguy vous souhaite bon courage pour la suite du périple !
    Et moi je vous fais d'énormes bisous !!!
    Soeurette Anne-Laure ;)

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    1. Tu remercieras ton collègue Tanguy et si le coeur lui en dit, il peut nous laisser un commentaire!! On te fait d'énormes bisous en direct de la Thailande à deux jours de Siem Reap pour voir les temples d'Angkor!
      Ciao

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  4. vous vivez les reportages que nous apprécions le plus: la vie dans le wagon de 3ème classe, les thais qui vous applaudissent et vous aident,. Et la police qui vous guide... Bisous et Bonne Santé maintenant que le problème est solutionné.
    Louis et Armelle

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    1. Merci c'est vrai que l'on se verrait bien Reporter genre guide du routard ou Lonely Planet! Oui les problèmes de santé sont solutionnés et tant mieux, nous pouvons apprécier la cuisine Thai et maintenant Cambodgiennes.
      Ciao

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